• cblachot

Parasiter comme Philippe Allard - spécial famille (thème 16)

Thème : Déconstruction/reconstruction


Commençons par réfléchir aux sujets suivants :

- Que signifient les mots déconstruire et reconstruire?

- Que pouvons-nous déconstruire et reconstruire?

- Pouvons-nous déconstruire notre réalité, nos idées, nos concepts* et nos utopies*?

Un brin de vocabulaire

L’utopie est une construction imaginaire et rigoureuse d’une société. L’utopie est idéale et parfaite (tout est réglé pour le bonheur de chacun) pour celui qui la réalise, mais le résultat donne généralement l’inverse de ce qu’il espérait et imaginait. En bref, l’utopie est une « conception imaginaire ».

L’utopie dans les arts

La cité idéale de Melozzo da Forlì est une conception urbanistique visant à la perfection architecturale et humaine.


Les espaces utopiques de Salvador Dali sont des représentations picturales (peinture) de « lieu qui n’existe pas ».


La nouvelle Atlantide de Francis Bacon est un roman dans lequel l’auteur décrit une île, Bensalem, qui est gouvernée par une société philosophique savante : la Maison de Salomon.

La conquête de la planète des singes de J. Lee Thompson est un film dans lequel la terre a été ravagée par une guerre nucléaire et des primates intelligents en sont devenus les maîtres.

Bioshock, est un jeu vidéo sorti en 2007 dans lequel le personnage survit à un accident aérien en pleine mer. Il découvre alors une ville sous-marine construite par un mégalomane milliardaire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale afin d’y réaliser ses rêves les plus fous, loin de toute morale extérieure.

Le concept est une représentation abstraite d’un objet ou d’un ensemble d’objets ayant des caractères communs.

Regardons l’œuvre suivante :

Philippe Allard, PEHD-19, Musée d'art de Joliette, 2020


Apprenons sur l’œuvre et sur l’artiste :

Philippe Allard est titulaire d’un baccalauréat en design graphique de l’UQAM.

Issue de la sculpture monumentale et in sitù, la pratique actuelle de Philippe aborde principalement l’installation.

Sa démarche s’inspire de l’Arte povera : il récupère des matériaux et objets trouvés qui sont accessibles en grande quantité.

Il s’intéresse à l’impact environnemental des activités humaines et aux conséquences de nos comportements en tant que consommateur.

Il utilise des quantités considérables de matériaux dont l’empreinte écologique est douteuse pour créer des monuments publics qui incitent les passants à s’interroger sur l’impact global de leurs gestes quotidiens.

La sculpture monumentale se caractérise par sa grande taille, son caractère grandiose ou par le fait d’être remarquable par son importance.

L’in situ est une pratique artistique qui se caractérise par des interventions sur son site d’accueil, le land art ainsi que l’art urbain représente bien l’idée de cette pratique.

L’Arte povera (de l’italien : « art pauvre ») est un mouvement artistique italien situé entre 1966 et 1969 qui refuse de se laisser enfermer dans une définition, lui préférant celle d’attitude. Être un artiste Arte povera, c’est adopter une attitude, un comportement qui consiste à défier l’industrie culturelle (ses règles, ses codes, ses obligations) et plus largement la société de consommation. L’Arte povera remet donc en cause le besoin (la dépendance) des artistes aux équipements spécialisés et aux matériaux lourds. C’est pour cette raison que l’Arte povera est souvent caractérisé par l’utilisation de matériaux pauvres comme les objets mis aux ordures, ceux issus du recyclage ou encore des éléments naturels.


Observons les détails suivants :

Une intervention architecturale monumentale dans l’espace public.

L’intervention consiste au parasitage du bâtiment du Musée d’art de Joliette (MAJ) par l’accumulation et la dissémination (d’où l’idée d’une contamination) d’un ensemble d’œuvres réalisées à partir de matières résiduelles (matières ou objets rejetés par les ménages, les industries, les commerces et les institutions) de plastique.

Cette intervention infiltrera tous les espaces du Musée, tant ses salles d’exposition, ses aires publiques et

son architecture.

L’œuvre est composée de multiples cercles réalisés à partir de matières résiduelles recyclées et granulées.

La granulation du plastique consiste à transformer les déchets de matières plastiques (bouteilles, contenants, etc.) en granulés.

Sani-Éco-Division plastique – Granulation et nettoyage du plastique

Les différentes couleurs présentes dans l’œuvre résultent du fait que l’artiste utilise des plastiques recyclés. Le mélange des couleurs correspond aux différents produits plastiques granulés (bouteille, contenants, etc.).

L’utilisation des matières plastiques recyclées (granulés) apporte de la matière et de la texture à l’œuvre. Effectivement, toutes ces particules de plastiques forment à la surface de l’œuvre des inégalités qui entraîne une certaine forme de rugosité et de rudesse.


Faisons des liens :

Par cette œuvre, l’artiste :

crée une expérience pour les visiteurs ;

joue avec les conventions et les spécifications du lieu (pratique in situ) qu’est le MAJ ;

réfléchit aux conséquences des actions humaines sur l’environnement.

Cela nous amène à réfléchir à :

l’architecture et à l’urbanisme ;

la surconsommation de plastique ;

les enjeux environnementaux.

Amusons-nous :

Matériaux nécessaires :

carton récupéré (boîte de carton) ;

plastique récupéré : sac de plastique, emballage, bouteille, contenant, etc. ;

crayon à mine ;

colle en bâton ;

ciseaux.

Les opérations :

Récupère du carton d’un format moyen (boîte de carton). L’épaisseur du carton doit te permettre de coller plusieurs éléments en plastique récupérés.


Trace sur ce carton recyclé le plus grand cercle qu’il t’est possible de réaliser. Pour t’aider à tracer ton cercle, tu peux te servir d’un compas. Tu n’as pas de compas? Tu peux utiliser une assiette et tracer son contour.

Découpe le cercle que tu as tracé.

Sur ce cercle, tu vas pouvoir coller les différents éléments de plastique récupérés que tu as amassés. Il est possible que tu doives faire comme Phillippe Allard et que tu sois obligé de nettoyer et de « granuler » ces plastiques. Pour ce faire, tu peux te découper des bandes de plastique dans les sacs et les emballages. Tu peux également découper des petits morceaux de plastiques (à la manière de granule).

Avant de coller tes différents éléments de plastique sur ton cercle, déplacent les sur la surface de ton cercle afin d’essayer plusieurs compositions. Observe l’agencement des couleurs et des textures,

une fois satisfait(e) de ta composition commence ton collage.

Une fois que ton œuvre est bien sèche, tu peux recommencer l’exercice en variant la taille de tes cercles et les textures.

Ensuite, dissémine tes œuvres dans ta maison, dans ta chambre ou même ta cour! Parasite tous ces lieux et n’oublie pas de documenter ton œuvre en prenant des photographies.


Apprendre des gestes :

- coller des matières plastiques ;

- déchiqueter des matières plastiques ;

- granuler des matières plastiques ;

- accumuler des œuvres ;

- disséminer des œuvres.

Alors, peux-tu me dire :

Maintenant que tu as lu, observé, analysé et observé, est-ce que tu as changé d’idée ou peux-tu compléter ta réflexion de tantôt?

- Que signifient les mots déconstruire et reconstruire?

- Est-ce que pour déconstruire ou reconstruire nous avons toujours besoin de matériaux?

Sinon, de quoi avons-nous besoin?

- Qu’aimerais-tu déconstruire et reconstruire?

- Si tu pouvais déconstruire et construire une idée, laquelle choisirais-tu?

À ton tour de créer une intervention architecturale en la disséminant et en parasitant des lieux que tu connais. N’oublie pas de nous envoyer le résultat afin de le voir exposé sur cette plateforme le mois prochain.



Cette activité a été préparée par Caroline Pierre, chargée de projet à l’éducation du Musée d’art de Joliette.

POUR PARTICIPER À MUSÉE EN QUARANTAINE

Vous avez jusqu’au mercredi 30 septembre pour nous envoyer vos créations artistiques inspirées du thème déconstruction/reconstruction.

Cliquez ici pour savoir comment participer.

Et cliquez ici pour voir toutes les autres activités «spécial famille».